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Introduction :
Au centre du département de la Loire, entre les villes de Roanne au Nord et surtout de Saint-Étienne au Sud (figure 1), la plaine du Forez se situe au cœur d'une zone favorable aux échanges avec ses voisins. La Loire en y coulant, lui
apporte en plus des sédiments. Cette zone avait donc tout à l'origine pour y voir se développer l'extraction de granulats alluvionnaires.
Figure 1 : Situation de la plaine du Forez dans le département de la Loire et en France.
En effet, en France, il existe une forte demande en granulats pour la construction des routes surtout, des bâtiments ou des barrages (figure 2). C'est ainsi, la seconde ressource exploitée dans notre pays après l'eau avec près de 400 millions
de tonnes produites par an en 1991, ce qui fait 20 kg par habitant et par jour. Il faut par exemple 150 tonnes de granulats pour construire une maison, 3000 tonnes pour un lycée et 20000 à 30000 tonnes pour réaliser 1 km d'autoroute. Ils sont donc
quasiment indispensables.
Figure 2 : consommation de granulats par nature d'ouvrages en France (en millions de tonnes par an)
Il existe deux grandes sources d'approvisionnement pour les granulats :
ceux provenant de carrières de roches massives qui représentent 40 % du total
ceux provenant de gisements alluvionnaires, souvent moins coûteux à exploiter.
C'est cette deuxième source d'approvisionnement qui est la plus intéressante et qui pose actuellement le plus de problèmes.
Dans la Loire, on a pendant longtemps privilégié les granulats alluvionnaires exploités à partir de gravières dans le lit mineur de la Loire. Il est vrai que sa position centrale toute proche des lieux de consommation que sont les
agglomérations stéphanoises et roannaises a permis de trouver des débouchés. Mais, la présence dans la plaine alluviale de la Loire de couches sédimentaires favorables a aussi grandement joué dans la place privilégiée qu'elle a eue dans les années 70. La plaine du Forez a
ainsi connu une forte exploitation qui a abouti à un mitage de son lit par les gravières dans certaines zones comme entre Feurs et Montrond-les-Bains.
Mais, l'exploitation de ces matériaux alluvionnaires très recherchés, notamment en raison de la qualité des éléments fins qu'ils contiennent, a connu des oppositions de plus en plus grandes de la part des associations de protection
de la nature mais aussi des habitants des zones concernées. En effet, on a d'abord pris conscience que ces ressources n'étaient pas inépuisables comme l'illustre très bien l'exemple de la Haute-Loire qui n'a quasiment plus de gisements exploitables. De plus, ces
extractions qui étaient souvent réalisées dans le cours même des rivières jusqu'aux milieux des années 80, ont des conséquences très importantes sur le milieu naturel, en particulier sur l'écoulement de la nappe alluviale et sur le cours des fleuves.
C'est ainsi, qu'à partir du début des années 70, il s'est mis en place une législation de plus en plus stricte en matière de protection de l'environnement, avec notamment l'obligation de faire des études d'impact. Cela a abouti dans les années 90 à la création des commissions des carrières, à l'arrivée d'un véritable dossier de demande d'autorisation et à l'application de cette réglementation. Cela a entraîné une très forte diminution de la production de granulats alluvionnaires dans la plaine du Forez au
profit des carrières en roches dures.
Dans la Loire, cela a permis une amélioration de la situation comme le montre l'exemple de la gravière de Chambéon, exploitée par l'entreprise Morillon Corvol et qui se situe à plus d'un kilomètre de la Loire.
Cependant, le plus intéressant dans cette montée des préoccupations environnementales, c'est qu'on est passé d'une vision assez sombre de l'exploitation des granulats alluvionnaires, à une vision plus constructive. On peut alors se
demander si les plans d'eau créés par les extractions, ne sont pas une chance qu'il faut saisir au vol.
Il est vrai qu'il existe encore de nombreux problèmes à résoudre après l'abandon des sites d'extraction comme le montrent les cas des comblements des fosses par des matériaux parfois douteux et sans doute dangereux. Mais, on peut aussi voir l'autre côté de la chose qui est le potentiel biologique
et de loisirs que peuvent créer ces plans d'eau. Le cas de l'écopôle du Forez en est ainsi le meilleur exemple.
On verra ainsi, d'abord une présentation du cadre physique de la plaine du Forez pour se faire une idée du contexte morphostructural dans lequel s'inscrit le cours de la Loire. Mais, on distinguera aussi les différentes gravières et leur état.
On s'apercevra ensuite que la législation a beaucoup changée pour les extractions des granulats alluvionnaires. Cela a permis une profonde remise en cause des lieux d'extraction et l'arrivée de cas comme celui de la carrière Morillon Corvol à Chambéon. Cependant, il reste encore de nombreuses conséquences
sur l'environnement.
L'un des principaux enjeux est sans doute le devenir des gravières après la fin de leur exploitation. En effet, même s'il existe encore des cas assez préoccupants, il apparaît que ces sites ont de réels potentiels écologiques et de loisirs.
Ma démarche a d'abord commencée par des relevés de terrains et une collecte de données. En effet je me suis fait une idée de l'état de la plupart des gravières du Nord de la plaine du Forez. J'ai essayé de voir si elles étaient encore exploitées. Si elles ne l'étaient plus j'ai cherché à savoir si elles étaient utilisées pour par exemple la pêche. Pour affiner et pour avoir d'autres informations, j'ai aussi rencontré les différents acteurs du secteur (DRIRE, écopôle du Forez, sociétés
exploitantes …). J'ai
ainsi essayé de me rendre compte des enjeux et des contraintes nouvelles qui existent dans le secteur de l'extraction des granulats alluvionnaires. De plus, je me suis aidé de différents ouvrages qui traitent en partie de cela comme l'Etude de la SOGREHA (1996) et l'ouvrage de J.N.Degorce (1995).
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