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Conclusion :
On a donc vu que la plaine du forez a connu une histoire géologique mouvementée pour aboutir à la plaine d'effondrement en partie comblée par des sédiments fluvio-lacustres, qui ont été en partie repris par la Loire qui coule en son centre.
Elle a connu ensuite les aménagements réalisés par les habitants et surtout les agriculteurs de la plaine. On a ainsi endigué, enserré la Loire avec des levées de terre, on a asséché des zones
entières pour utiliser ces terrains très fertiles pour les cultures. Il y a eu aussi la création des barrages de Grangent en amont de la plaine du forez et de Villerest en aval, qui ont stoppé l'arrivée des sédiments pour le premier et modifié de façon assez forte le régime et l'écoulement
de la Loire. Cependant, celle-ci est toujours un fleuve imprévisible et ses crues toujours aussi violentes et soudaines.
En plus, les extractions de granulats alluvionnaires se sont multipliées et notamment jusqu'aux début des années 80 dans son lit mineur. Celles-ci ont eu pour conséquence de raviver l'enfoncement du lit dans certaines zones et l'affleurement du substratum.
Il est donc apparu nécessaire d'améliorer la législation en matière de protection de l'environnement dans le cas des extractions de granulats alluvionnaires. Tout cela a débuté en même temps que la montée des revendications écologiques
au sein de la population française dans les années 70. Il a ainsi été interdit d'exploiter dans le lit mineur des fleuves. Il faut depuis cette période une étude d'impact sur les conséquences sur
l'environnement d'une telle extraction. Mais ce n'est que dans les années 80 que cette réglementation a été réellement appliquée, accompagnée dans la Loire par une forte baisse de la production de granulats alluvionnaires au profit de granulats provenant des carrières de roches dures.
Les lois sont encore devenues plus restrictives et surtout plus claires au début des années 90 quand l'autorisation est passée sous le régime de l'autorisation des installations classées, et que la demande d'ouverture devait comprendre un dossier
avec des explications précises sur les conséquences sur l'environnement mais aussi avec les projets de réhabilitation après la fermeture du site.
L'exploitation des granulats alluvionnaires est donc devenue plus difficile et plus respectueuse de l'environnement en théorie, mais la demande en matériaux étant toujours là, il faut bien trouver des solutions pour y répondre. C'est par exemple,
le cas de la gravière de Morillon Corvol à Chambéon. En effet, ce site est établi à plus d'un kilomètre de la Loire et les extractions se déroulent dans des fosses dont la profondeur ne dépasse
pas 4 ou 5 mètres. De plus, il existe un bassin de décantation pour les eaux utilisées lors du lavage et du triage des matériaux. Cependant, il semble que dans un avenir assez proche (10 ou 15 ans), l'extraction de granulats alluvionnaires dans la plaine du Forez sera de moins en moins importante et disparaîtra
petit à petit.
Cependant les extractions actuelles et les gravières qui ne sont plus en activité, notamment celles qui étaient dans le lit mineur de la Loire, ont encore de nombreuses conséquences sur l'environnement. En effet, on s'aperçoit qu'à certains
endroits, on a des dérèglements de l'écoulement de la nappe alluviale. Il existe aussi des enfoncements du lit de la Loire qui mettent en surface le substratum et des problèmes avec les captures
des gravières par le fleuve.
Mais, depuis peu, on s'est aperçu qu'après l'exploitation des gravières, il y avait de nombreuses possibilités de reconversion. Et cela, même si de nombreux problèmes se posent encore notamment avec le cas des comblements des fosses d'extraction
et celui des gravières abandonnées.
Il faut voir cela comme une réelle chance qui s'offre aux habitants de la plaine du Forez de créer des zones de loisirs et de diversité écologique. C'est notamment l'exemple de l'écopôle du Forez qui dans un milieu devenu assez pauvre en raison
des multiples aménagements qui ont enserré la Loire, a créé une zone où la diversité est très grande. En plus, la FRAPNA Loire essaye de montrer au public et aux scolaires qui viennent
visiter en grand nombre le site, que les anciennes gravières ont un réel potentiel écologique. Cette volonté de protection de la nature permet aussi aux entreprises exploitantes de bénéficier d'une image plus positive auprès des habitants et des associations de protection de l'environnement. De plus,
la plupart des anciennes gravières encore en eau ont un potentiel écologique plus ou moins important, notamment pour la nidification
des oiseaux, grâce à leur relatif isolement. Il serait donc intéressant de mieux les protéger.
De nombreux plans d'eau sont ou ont été reconvertis en zone de pêche, il est vrai que cela ne demande par beaucoup d'aménagements, ce qui n'est pas le cas d'une réhabilitation écologique. Il existe aussi un potentiel de loisir comme la baignade
et la plaisance qui semble commencer à intéresser de plus en plus les communes.
Il semble donc que la vision des gravières est en train de changer, et cela permet de mettre en avant les problèmes mais aussi les possibilités des anciens sites d'extractions qui sont très nombreux dans la Loire. Ceci est en harmonie avec la montée
en puissance des revendications écologiques en France, dans une population pourtant de plus en plus urbaine. Les gens ne veulent plus que l'environnement passe après tout, et ils
s'aperçoivent aussi qu'il existe près de chez eux des zones tout à fait dignes d'intérêts.
Le réaménagement des gravières est donc une chance pour tout le monde de permettre de créer une biodiversité dans un milieu rendu pauvre par les hommes, et de bénéficier d'un cadre de vie plus attrayant. La demande existe comme le montre
très bien le cas de l'écopôle du Forez où de nombreux ligériens viennent se promener et bénéficier du calme et de la beauté de la nature. Quand on voit aussi le nombre important
d'écoles qui viennent visiter ce site, parfois de très loin, pour apprendre comment fonctionne un écosystème de type fleuve, on comprend qu'il serait peut être intéressant de développer encore plus ces types de réaménagements de gravières. Surtout, lorsque le thème de l'apprentissage
d'une certaine écologie à l'école refait surface dans le débat politique. Et cela même si des sites comme l'Ecopôle ne sont pas sans défauts
comme le montre la polémique actuelle sur les cormorans.
Il ne faut pas négliger non plus les possibilités de loisirs qui peuvent exister, car la plaine du Forez est proche de zones assez fortement peuplées. Il existe sans aucun doute de réelles demandes en plans d'eau pour la baignade ou l'aviron par exemple.
Il est vrai que pour l'heure seul le minimum est fait avec des créations de zones de pêche surtout, qui même si elles répondent à des demandes, ne concernent qu'une part réduite de
la population ligérienne. Et il serait sans doute plus intéressant de développer une combinaison réhabilitations écologiques et loisirs dans le sens d'une reconquête du milieu " fleuve Loire " qui a pendant longtemps fait les frais du détachement de la population avec son cadre naturel.
Une telle chose passe obligatoirement par un réel engagement de la part des communes et dans le cadre d'une volonté politique plus affirmée. Dans le sens, où lorsqu'on voit les projets de réhabilitations dans les études d'impact, on met en
avant une volonté de protection de la nature ou de création de zone de loisir. Finalement on aboutit très souvent à une zone qui est récupérée par les pêcheurs car le financement n'a pas été
trouvé et les engagements des communes ou des services de l'état ne sont pas allés au bout de ce qui avait été prévu plusieurs années avant.
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